L'histoire
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 Bienvenue à Gattaca


S1MONE

S1m0ne (id.), 2002, Andrew Niccol, Etats-Unis. Couleur. Son : DTS / Dolby Digital / SDDS .
Durée : 1h57.
Réalisateur : Andrew Niccol.
Sociétés de production : Jersey Films, New Line Cinema, Niccol Films.
Distributeurs : New Line Cinema, RCV Film Distribution.
Producteur : Andrew Niccol.
Co-Producteur : Daniel Lupi.
Producteurs exécutifs : Bradley Cramp, Michael De Luca, Danny DeVito, Lynn Harris, Michael Shamberg, Stacey Sher.
Scénario : Andrew Niccol.
Directeur de la photo : Derek Grover, Edward Lachman.
Montage : Paul Rubell.
Directeur de production : Jan Roelfs. Distribution des rôles : Francine Maisler, Jon Scott Strotheide.
Costumes : Elisabetta Beraldo.
Musique : Carter Burwell.
Effets spéciaux (société) : Black Box Digital, CIS Hollywood, Perpetual Motion Pictures.
Interprètes : Al Pacino (Viktor Taransky), Catherine Keener (Elaine Christian), Evan Rachel Wood (Lainey Christian), Jason Schwartzman (Milton), Winona Ryder (Nicola Anders), Pruitt Taylor Vince (Max Sayer), Jay Mohr (Hal Sinclair), Rachel Roberts (Simone)...
Dates de sortie : 19 Septembre 2002.

L'histoire

iktor Taransky accumule depuis quelques temps des déboires cinématographiques : son dernier film est un navet monumental, massacré par les producteurs et par des acteurs voulant tirer un maximum de bénéfices d'une oeuvre artistique. Au bord du gouffre, une autre mauvaise nouvelle l'accable : Nicola Anders, l'actrice principale de son nouveau long métrage, quitte le plateau de tournage. Sans elle, l'oeuvre de Viktor n'a plus de raison d'être. Elaine, son ancienne femme, maintenant à la tête du studio qui l'a engagé, met fin à son contrat.

Quelques mois plus tard, Viktor reçoit Simulation One, un logiciel révolutionnaire provenant d'un fan, Hank Aleno, un informaticien génial. Ce programme permet, à l'aide d'un simple clic de souris, d'animer à l'écran une actrice virtuelle au réalisme confondant, S1m0ne. Il lui vient alors une idée de génie : utiliser les possibilités offertes par ce logiciel pour terminer son film. Rapidement, la jeune femme séduit les foules et Viktor renoue avec le succès...


 A propos

S1m0ne est un film peu banal. Même s'il est une transposition moderne du mythe de Frankenstein et de sa créature, avec son cortège inhérent de sentiments sur l'abomination de la créature virtuelle et ses relations avec les autres, le film diverge fondamentalement du concept initial pour s'engouffrer dans une comédie dans la plus pure tradition de Capra.

Al Pacino, visiblement à l'aise, s'amuse à jouer de sa créature avec les médias et les spectateurs. Il va l'élever, non sans cynisme jusqu'au rang de star oscarisable. Niccol s'intérèsse à la notion futile de la célébrité, montée de toute pièce, puis brisée à tout moment. De curieux parallèles trouvent leurs sources dans l'univers télévisuel actuel où des destins se font et se défont selon les bons vouloirs de gestionnaires de "chateaux" et autres "lofts". Ici, c'est Viktor Taransky qui commande, il n'est ni pire ni meilleur que les autres mais il assume sa petite gloire personnelle, déclarant avec ferveur "les acteurs sont inutiles"!

Au moins là, il n'y aura pas de destins brisés puisque la star est virtuelle.


Andrew Nicoll est convaincu que le temps où des actrices virtuelles apparaîtront dans les films n'est pas si lointain, réalisateur :
"Les comédiens clonés ou synthétiques seront bientôt partout", annonce-t-il. "C'est une évolution logique, une réalité. Nous y serons bientôt confrontés par l'intermédiaire de nos ordinateurs ou de nos télévisions. Tous les jours, nous verrons des gens dont nous serons incapables de dire s'ils sont fait de chair et de sang ou de pixels, et cela n'aura pas d'importance."

Sur son travail de réalisateur :
"Après avoir occupé la chaise du réalisateur, j'ai préféré revenir à l'écriture. Je crois que je suis devenu moins maniaque en ce qui concerne le mot écrit, sachant qu'en fin de compte, tout passe par le réalisateur. Il est difficile pour moi de réaliser des films car j'ai tendance à avoir des idées coûteuses et non-conformistes, mélange qui plaît peu aux studios hollywoodiens"

A propos de son actrice :
"Nous l'avons conçue comme une personne moderne mais avec des éléments de beauté intemporels et indémodables. Certains autres éléments, au niveau de son corps ou de sa voix, sont également issus de grands noms, mais la plupart préfèrent rester dans l'ombre. Paradoxalement, Simone existe. Chacun des ingrédients qui la composent provient de la réalité. Elle n'est pas virtuelle. Elle est simplement l'assemblage composite de beaucoup de d'éléments. C'est un puzzle.".
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De vrais faux effets numériques made in France

Les effets numériques du film sont le plus souvent le fruit d'une société française de SFX : BUF. Sur certains plans, l'actrice virtuelle utilise différentes parties d'Audrey Hepburn, Grace Kelly. Certains éléments de son corps ou de sa voix sont également empruntés à d'autres noms prestigieux préférant garder l'anonymat. Une autre société, BlackBox Digital a travaillé sur les plans asociant Al Pacino et S1MOne, enfin la société Grey Matter a réalisé entièrement les effets holographiques du concert de l'actrice.

A la veille de la sortie du film, le secret était encore bien gardé grâce à une campagne publicitaire bien menée. Peu à peu, au hasard des confidences, des doutes s'installent : actrice réelle ou image de synthèse ? Il semble que Simone soit un peu les deux, faite de pixels lors des séquences se déroulant avec Al Pacino seul face à l'écran. Difficile cependant d'envisager des effets spéciaux pour d'autres scènes, où l'actrice semble bien réelle. Elle est en fait incarnée par une comédienne inconnue, top model dont l'identité s'est longtemps limitée aux initiales AG. Un scoop a ensuite révélé que l'heureuse élue s'appelait Anna Green... avant qu'un autre ne vienne préciser que ce nom était en fait un pseudonyme, réduction de "Anamorphic green screen". Finalement, Simone est incarnée par une certaine Rachel Roberts, née à Vancouver, au Canada.

Rachel Roberts, une vraie fausse actrice ?
Simultanément, le prénom féminin Simone (peu usité ces derniers temps) décrit également ce que représente la comédienne virtuelle, c'est-à-dire un logiciel informatique. Simone (ou S1m0ne) n'est rien d'autre que l'abréviation de "Simulation One", le nom du programme qui donne naissance à la star.

Rachel Roberts a commencé sa carrière à l'âge seize ans dans sa ville natale de Vancouver en Columbie Britannique (Canada). Rapidement, elle a fait des clichés pour les éditions anglaises et canadiennes de Elle, en Juillet 2000. Elle réalise ensuite la première de couverture de Elle, édition française, puis celle de Glamour en Février 2002 (Photographe : Patric Shaw), Marie-Claire, The New-York Times, Vogue, etc…

Essentiellement connue pour ses travaux de mannequin, elle était en 1998, le mannequin vedette du célèbre calendrier Pirelli.

Pour S1m0ne, les producteurs n'ont révêlé quasiment qu'au moment de la sortie du film, le nom de l'actrice incarnant la blonde virtuelle du film. Chaque jour Rachel Roberts se rendait sur le plateau de tournage sous un habile maquillage et avec un faux nom. Chaque scène avec Al Pacino était tournée indépendamment, si bien qu'à aucun moment les deux acteurs ne se sont jamais rencontrés durant le tournage!

S1m0ne a été présenté en avant-première lors du 28e Festival du cinéma américain de Deauville en septembre 2002. Le film a coûté 30 millions de dollars, un budget modeste pour la production américaine actuelle. Bienvenue à Gattaca avait lui coûté -seulement- 20 millions de dollars.

Taransky, un réalisateur virtuel?

Viktor Taransky, le réalisateur malchanceux de S1m0ne, est l'anagramme phonétique de Andreï Tarkovsky. En fait selon le réalisateur, il s'agit d'un mélange des noms de Quentin Tarantino et d'Andreï Tarkovsky. Pour lui : "L'un est un grand cinéphile ne vivant que par et pour le cinéma. Quant à Tarkovsky, il méprisait les films n'ayant aucun intérêt politique ou social. Il était un peu présomptueux et j'ai voulu me moquer de cela, car on ne peut pas exclure le facteur divertissement qui hante le cinéma. Cependant, un film comme Stalker a vraiement eu un impact à la fois sur l'industrie du septième art et sur la vie de milliers de personnes. Pour Nicoll, Viktor est un croisement de tous les patrons de studio qu'il a rencontré.

Des décors datés!

Pour sa fable sur la célébrité et l'apparence, Andrew Niccol a souhaité ancrer son action dans la modernité, mais également faire référence à l'âge d'or du cinéma hollywoodien, situé dans les années 1930. Pour Edward Lachman, directeur de la photographie de Simone, "le but était de réunir les éléments et le style qui ont forgé le mythe des studios : les grands bâtiments alignés, les publicités géantes mais sobres, les maisons sur le bord des plages. Pour les studios, nous avons privilégié l'image des années 30. Nous avons cherché un graphisme et des décors qui rendent le film intemporel. Cela renforce l'idée de la fable."

 Le réalisateur

Andrew Niccol est né en Nouvelle-Zélande comme Peter Jackson mais c'est en Angleterre qu'il commençe sa carrière, après un exil volontaire. Au lieu de début cinématographique dont il rêve, il tourne des films publicitaires, à l'age de 23 ans,) pour les télévisions. Les débuts sont difficiles même s'il sait que d'autres sont passés par là comme Ridley ou Tony Scott.

Las des courts-métrages, qui bien que créatifs, ne lui permettent réellement pas de s'exprimer, il se déplace à Los Angeles pour faire n'importe quel " film plus long que 60 secondes " ! Aussitôt, afin de se démarquer des réalisateurs habituels qui arrivent avec des courts métrages en vidéo en poche, il décide d'écrire un scénario. C'est " The Truman Show " qu'il présente au producteur Scott Rudin (La firme, Sleepy Hollow…).

Le producteur est visiblement intéréssé mais Niccol comprend vite que ce dernier n'a nullement l'intention de lui confier la réalisation du film. Il envisage Peter Weir comme metteur en scène et Jim Carrey pour l'acteur principal, connu alors pour imposer ses vues sur les scripts qui lui tombent entre les mains. Le scénario est retouché, la fin notamment et le fait que les spectateurs ne découvrent l'univers simulé de Truman qu'à la fin est effacé. Niccol découvre les facéties d'Hollywood et l'omnipotence des producteurs! Qu'à cela ne tienne, il se lance dans l'écriture d'un scénario S-F, facile à réaliser car sans effets spcéiaux couteux : ce fut Bienvenue à Gattaca.

De façon assez cynique, l'histoire raconte le totalitarisme dans un univers sectaire où la ligne de vie est tracée dès la naissance. Cette fois-ci, il réalise le film, qui connaît un beau succès.

S1mOne est son second long métrage.

Propos rapportés de Andrew Nicoll :
"J'ai été choqué par ce qui s'est passé à la télévision lors des célébrations du nouveau millénaire. Les chaînes modifiaient les logos et publicités déployés sur les façades des bâtiments autour de Central Park. En faisant cela, elles modifiaient un peu l'Histoire. Ce n'est à mon avis pas légitime."

Filmographie :
Bienvenue à Gattaca (Gattaca), 1997, scénariste, réalisateur.
The Truman Show, 1998, scénariste, producteur.
S1m0ne, 2002, scénariste, réalisateur, producteur.

Photos - Sites officiels

 S1m0ne : le site officiel.



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Mise à jour : 19/09/2002