THE HOST

The Host (Gwoemul), 2006, Joon-ho Bong, Corée du sud. Langues originales : Anglais / Coréen. Couleurs. Son : Dolby Digital.
Durée: 1h59.
Sociétés de production : CJ Capital Investment, Cheongeoram, Cineclick Asia, Cowell, Happinet Corporation, SBS, Showbox/Mediaplex.
Distributeurs : Magnolia Pictures (E.U.), .
Réalisateur : Joon-ho Bong.
Scénario : Chul-hyun Baek, Joon-ho Bong, Won-jun Ha.
Producteur : Yong-bae Choi.
Producteurs exécutifs : Woo-Taek Kim, Tae-seong Jeong.
Direction artistique : Seong-hie Ryu.
Décorateur de plateau : Seong-hie Ryu.
Distribution des rôles : John Jackson.
Directeur de la photo : Hyung-ku Kim.Montage : Seon Min Kim.
Musique : Byung-woo Lee.
Effets spéciaux (sociétés) : The Orphanage. Animateurs : Bruce Dahl, Makoto Koyama, Scott Kravitz, Daniel Loeb, Jonathan Lyons, David Parsons, Salvador Ruiz, Jan Van Buyten.
Superviseur des effets spéciaux : Kevin Rafferty.
Interprètes : Kang-ho Song (Park Kang-du), Hie-bong Byeon (Park Hie-bong), Hae-il Park (Park Nam-il), Du-na Bae (Park Nam-ju), Ah-sung Ko (Park Hyun-seo), David Joseph Anselmo (Donald), Spencer Jay Kim (Paul Lazar)...
Date de sortie française : 18 novembre 2006.
L'histoire

Séoul, Park Hee-bong tient un petit snack au bord de la rivière Han où il vit avec sa famille. Il y a son fils aîné, l'immature Gang-du, sa fille Nam-joo, une championne malchanceuse de tir à l'arc et Nam-il, son fils cadet éternellement au chômage. Tous adorent Hyun-seo, la fille unique de Gang-du.

Un jour, un monstre géant et inconnu surgit des profondeurs de la rivière. Quand la créature atteint les berges, elle se met à piétiner et à attaquer la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage.

Le snack est entièrement détruit et Gang-du tente de s'enfuir avec sa fille, mais il la perd dans la foule paniquée. Quand il l'aperçoit enfin, Hyun-seo se fait enlever par le monstre qui disparaît, en emportant la fillette au fond de la rivière.

Sans pouvoir compter sur une aucune aide, la famille Park décide alors de partir en croisade contre le monstre, afin de retrouver Hyun-seo…


The Host - DVD

 A propos

Difficile de ne pas dire que The Host est un film de monstres, pourtant il n'en est pas un ! Même s'il s'inscrit dans la suite logique des nombreux Godzilla, King-Kong ou autres T-Rex issus de Jurrassic Park, le monstre de The Host n'est pas le héros du film. Le réalisateur respecte pourtant les codes du genre mais ce qui ne devait rester qu'une histoire mille fois déjà vue prend un goût et une saveur inattendue. Un monstre surgissant de l'eau suite à la malveillance d'un laboratoire, commanditée par un américain, une famille au bord de la crise de nerfs constituée d'anti-héros, bref rien de bien nouveau sous le soleil. Sauf que cette fois ce n'est pas un Jerry Bruckheimer ou un Michael Bay, mais un petit génie du cinéma coréen qui connaît bien le cinéma éléphantesque américain, ses travers et en évite tous les écueils.

Si tout part d'un postulat identique : ce sont des personnages en perte d'identité, en marge de la société qui parviennent à sauver le Monde, menacé par un ennemi venu d'ailleurs comme dans War Of The Worlds de Spielberg... le réalisateur Bong Joon-ho montre sa capacité à transcender le film de monstres pour régler ses comptes avec la société coréenne et la société tout court.

Avant cela, il aura mis en place les codes narratifs propres au genre : les protagonistes sont en conflit avec les autorités comme dans la série Surface, au thème proche; l'attaque sauvage et inattendue du monstre filmée avec une maestria, une violence et un second degré assez rares, mais aussitôt tempérée par la séquence de la veillée mortuaire où les protagonistes semblent plus issus d'Affreux, sales et méchants d'Ettore Scola que des héros typés de Jurrasic Park ! D'emblée, le spectateur aura compris que ce n'est plus un film de monstre ordinaire et qu'il faut fouiller dans le second degré…Y compris dans les relations entre les membres de cette famille : Gang-du, le fils toujours endormi, Nam-joo, la championne de tir à l'arc trop lente, Nam-il, le diplômé au chômage et enfin Hee-bong, le grand-père essayant de tenir sur ses épaules cette famille éparse et si peu homogène !

Sous la tragi-comédie du propos fait surface une satire féroce de la société coréenne, incapable d'aider ses membres les plus faibles, sous domination de l'idéologie américaine : le virus comme le risque atomique en Irak, n'existe pas. Le pamphlet est servi par des scènes d'action particulièrement fluides et filmées avec maestria.

Bien évidemment la famille se reconstruira au terme de cette quête de l'enfant disparue, happée par les bas-fonds de la société et un monstre catalysant toutes les peurs…

Bong Joon-ho a réussi un film étonnant, en passe de devenir le meilleur film fantastique de l'année 2006 : un mélange particulièrement dosé entre la farce, la satire et le film d'action. La force d'un film qui ne donne jamais l'impression de déjà vu…
 

Joon-ho Bong, réalisateur:
"Les situations les plus désastreuses ont toujours des aspects tragiques et comiques. Comme les héros du film sont plutôt pathétiques, il était inévitable qu'ils connaissent des situations loufoques. (...) Je n'ai pas consciemment cherché à faire une comédie. Si un tel désastre arrivait en Corée, je suis certain que cela pourrait créer des situations similaires à celles décrites dans le film."

"Une des choses que je voulais montrer dans ce film, c'est la manière dont la société est incapable de protéger ses membres les plus vulnérables. ."








Zoom avant

 Un pitch réel

L'événement décrit au début du film est basé sur un événement réel. En février 2000, dans une service militaire américain situé dans le centre de Séoul, M. McFarland, un des employés civil a jeté du formaldéhyde dans le réseau d'égouts menant au fleuve de Han, et ce en dépit de l'objection d'un subalterne coréen. Le gouvernement coréen a essayé de poursuivre M. McFarland par les tribunaux coréens mais les militaires américains ont refusé de livrer M. McFarland aux autorités. Plus tard, un juge coréen a condamné M. McFarland en l'absence de sa présentation au tribunal.

L'opinion publique coréenne a été exaspérée de l'incapacité de son gouvernement à imposer sa loi sur son propre territoire. En 2005, presque cinq ans après l'incident, M. McFarland a finalement été déclaré coupable par la cour coréenne en sa présence. Cependant, il n'a jamais été placé en détention la phrase réelle de prison. Personne n'a encore aperçu de créature dans le fleuve de Han. Pas encore…

 The Orphanage

Tous les effets spéciaux du film signés par la société d'effets spéciaux américaine The Orphanage. Cette société créée par d'anciens membres d'Industrial Light and Magic (ILM), s'est faite un nom en travaillant sur des succès mondiaux comme Le Jour d'après, Sin City, Hellboy, Harry Potter et la coupe de feu, ou encore sur Superman Returns. The Orphanage a travaillé sur la mise en images de la Créature en combinant des données numérisées à partir d'une maquette créée par Weta Workshop, société néo-zélandaise, ayant œuvrée précédemment sur la trilogie du Seigneur des anneaux et sur King Kong. Ils ont ainsi donné vie à une créature ayant des mouvements très détaillés et réalistes.

Le directeur des effets visuels, Kevin Rafferty s'était fait remarquer sur des films comme Star Wars : Episode 1, La menace fantôme ou Jurrasic Park. Pour lui, " The Host est à la différence des films hollywoodiens, amusant et provocateur. Toute la beauté du projet se trouve dans l'originalité de son traitement. ". La créature a été conçue par Jang Hee-Chul, qui a participé dès le début, à l'écriture du scénario en décembre 2003. Il a suivi toute la conception de son apparence jusqu'à la réalisation des mouvements et des détails les plus imperceptibles : texture de la peau, mouvements des muscles, respiration... Comme la créature est censée habiter au bord d'une rivière, il a étudié l'anatomie des animaux aquatiques et a ainsi doté la bête d'une queue et de pattes qui lui permettent de se mouvoir dans l'eau et de se déplacer sur terre. Après 16 mois de travail, il a conçu un monstre original au réalisme saisissant.

 Inspiration signée...

Bong Joon-Ho a fait ses études en sociologie à l'Université Yonsei. Il réalise un court-métrage en 16mm, White Man (L'homme blanc), avec lequel il gagne un prix au Shin-young Youth Movie festival en 1995, année où il termine Incohérence, une comédie noire critiquant la société coréenne, dans le cadre de ses érudes à la Kafa (Korean Academy of Film Arts).
En 2000, son premier long-métrage Baking Dogs Never Bite (Les chiens qui aboient ne mordent jamais) fait mouche dans l'industrie cinématographique coréenne. En 2003, c'est Memories of Murder, un film tiré d'une histoire réelle sur un serial-killer qui n'a jamasi été arrêté, qui attire plus de 5 millions de spectateurs en Corée du Sud, où il est d'emblée considéré comme le meilleur réalisateur de sa génération. The Host est son troisième film.

Pour The Host, le réalisateur s'est inspiré de Signs de M.Night Shyamalan et du film Les dents de la mer de Spielberg. Quand il a parlé du projet pour la première fois, les producteurs étaient un peu perdus, ils pensaient à un monstre de la taille de Godzilla, mais le mien ressemble plus à celui des Aliens de Ridley Scotte et de H.R.Giger : "...la créature est un mutan. Mon film ne ressemble pas à un film de science-fiction ou à une bande dessinée, lLa créature est surnaturelle, mais ça se passe de nos jours, dans un endroit qui existe réellement, avec des personnages ordinaires. Je pourrais comparer ça à Signes de M. Night Shyamalan. L'histoire de ce dernier se passe dans des champs de maïs, soit un endroit banal et familier, alors qu'au centre de l'intrigue se trouvent des extraterrestres. L'histoire est décrite d'une façon très réaliste et c'est pareil dans mon film."

 Un film de monstre atypique

Mon seul principe, faire des films que j'aimerais voir en tant que spectateur, n'a jamais changé. C'est ce principe qui m'a poussé à réaliser Memories of Murder et The Host. Je suis un cinéphile mais cela ne veut pas dire " dévorer des films". Quand j'étais à l'école primaire, j'ai adoré Le salaire de la peur de Henri-Georges Clouzot, Croix de fer et La horde sauvage de Sam Peckinpah, Papillon et La Grande évasion avec Steve McQueen…" déclare le réalisateur.
Joon-ho Bong lit beaucoup de bandes dessinées et se passionne pour les oeuvres de Naoki Urazawa. Il dessine également dans le style manga et conçois tous ses story-boards ? The Host est pour lui, un film de genre : le film de monstres mais en cherchant à ancrer l'histoire dans le contexte réaliste de la société coréenne.
Dans ses films précédents comme dans The Host, deux éléments s'opposent et entrent en conflit. Ici, c'est le bord de la rivière Han, un lieu quotidien et familier, entrant en collision avec l'apparition de la créature, symbolisant l'imaginaire, qui va transformer ce lieu en théâtre d'un grand désastre.
Dans The Host, le film semble suivre la ligne directrice d'un traditionnel film de monstres comme Godzilla mais il y a des scènes, trop crues, que Hollywood se refuserait encore à filmer…
Comme on ne change pas une équipe qui réussi, Joon-ho Bong a retrouvé des acteurs avec lesquels il a déjà eu l'occasion d'œuvrer comme Song Kang-Ho et Hae-il Park, tous deux déjà présents sur le plateau de Memories of Murder.



 Anecdotes

Byenongwoo Lee est le guitariste le plus renommé de Corée du Sud. Il a signé entre autres la musique de Mari Iyagi, dessin animé de Lee Sung-Kang. Il s'intéresse à tous les genres musicaux. Son style musical est lyrique et puissant, dans The Host, sa bande originale accompagne l'histoire des personnages qui vivent au bord de la rivière Han.
The Host a été présenté à Cannes en mai 2006 dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs.
Le film vient de battre le record d'entrées et de copies distribuées en Corée. Ce sont pas moins de 620 copies pour la Corée du Sud, battant ainsi le record de tous les temps pour ce pays. Côté entrées, le film atteint les 600 000 entrées à la fin du premier jour d'exploitation. Les producteurs ont même annoncé que les distributeurs des salles de cinéma essayait d'acquérir de nouvelles copies...
Le réalisateur Bong Joon-Ho a annoncé que certaines coupes où apparaissait le monstre seraient ajoutées au DVD...


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 Site Officiel français.
 Site officiel coréen.


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